samedi 7 mars 2015

Visite d'une bodega

A Puerto de Santa Maria, j'ai visité l'intérieur d'une bodega qui produit les vins traditionnels de la région :
 - El fino (vin blanc sec)
 - La manzanilla (vin blanc sec)
 - El cream (vin coloré assez sucré)
 - El moscatel (idem)
 - El predoximenez (vin très sucré)

Ce sont des vins très traditionnels et uniquement produit dans le "triangle" Santa Maria - Jerez - Sanlucar.
Autant dire que l'on trouve de nombreuses bodega de ce type dans chacune de ces villes.

Et dans cette bodega, encore ce même mélange des genres déjà observé précédemment : d'un côté les photos ou peintures de tauromachie, et de l'autre celles de Jésus Christ et de la vierge Marie.



J'obtiendrai plus tard cette fois des explications claires de mon aubergiste du jour.

La tauromachie est très culturelle en Espagne, mais il n'y a peut-être que 20 à 30% des gens qui apprécient réellement cette tradition, y compris dans les villes à forte histoire. Et il existe une lutte entre les pro-corida et les pro-animaux.

En revanche, la tauromachie représente un intérêt touristique et économique de première importance : de nombreuses personnes vivent de cette activité, et il serait très difficile d'y mettre fin du jour au lendemain.

Quant à la "ferveur religieuse" apparente, mon hôte pense qu'il s'agit encore là de quelque chose de culturel avant tout, les gens étant élevés tout petit dans cette ambiance, et d'une opportunité de faire la fête dans une assez large mesure.
Nous sommes loin d'après lui de la véritable ferveur religieuse de l'Italie, et la preuve en est qu'ici en Espagne, les gens vont finalement assez peu à la messe.

Pas de dégustation de vin donc ce matin, j'ai préféré en rester au cafe con leche dans un bar du coin près du marché très animé de Santa Maria...

jeudi 5 mars 2015

Une rencontre

Pour moi, ce qui fait les voyages, ce sont les rencontres, en tout cas en grande partie ; et parfois certaines rencontres peuvent vous marquer profondément. Pas forcément par le charisme particulier de la personne, mais par le message qu'elle porte en elle. C'est le message qui compte plus que le messager en quelque sorte...

Hier j'ai fait la connaissance de Juan, qui m'hébergeait chez lui à Tarifa via le site Airbnb. Enseignant de Chi Kong, il m'a proposé de participer gratuitement à son cours, puis après le cours nous avons bavardé tranquillement chez lui autour d'une salade.

Je lui ai alors fait part du fait que j'ai pris conscience lors de la séance que je n'aime pas sentir mon corps, que cela ne m'est ni naturel ni agréable. Il m'a répondu que d'après lui le corps et l'esprit, quand nous sommes enfants, sont unis et qu'avec les jugements que nous recevons de l'extéreur vers 7 ou 8 ans ou plus, vient la séparation du corps et du mental. Le Chi Kong vise justement à réunir ce qui a été désuni, comme le yoga sûrement. C'est un long apprentissage selon lui, mais qui finit par porter ses fruits et aide à trouver la paix, en particulier dans les moments difficiles de l'existence.
Les dunes et la plage de Tarifa, ville très réputée pour le surf. Au carrefour de la mer méditérrannée et de l'océan atlantique, il y fait un vent terrible.
Nous avons aussi parlé de wwoofing et de lieux soutenables et autogérés. Il finit par me dire :
"En todos los lugares hay los mismos problemas : hay leaders, hay contre leaders, hay luchas entre personas..." Quoique tu fasses et où que tu vives, que tu fasses de la politique ou de l'écologie, que tu veuilles "changer le monde" ou non, les mêmes difficultés surviennent, les mêmes luttes de pouvoir et d'égo subsistent et persistent.

Je lui pose alors la question :
"Entonces hay nada que hacer ?" "Alors il n'y a rien à faire ?"

Et alors il me donne cette réponse simple que je connais déjà mais qui résonne en moi comme une piqûre de rappel : "Je pense qu'il faut faire comme disait Ghandi : "Soyez le changement que vous voulez pour le monde", commencez par vous changer vous-même, et cela aura un impact sur votre entourage et cela changera le monde. Car si vous voulez changer les choses à l'extérieur mais que vous-même n'êtes pas bien avec vous-même, cela impactera négativement tout ce que vous toucherez..."

J'ajouterais pour ma part que pour les personnes les plus ambitieuses ou les plus fortes, qui veulent toujours "changer le monde" ou tout au moins y contribuer, les deux se complétent et se soutiennent mutuellement : changer l'intérieur, changer l'extérieur, puis revenir vers l'intérieur, encore et encore, mais c'est un travail de longue haleine réservé aux personnes les plus persévérantes et les plus authentiques.

mardi 3 mars 2015

Dia de Andalucia

Samedi 28 février dernier, comme tous les 28 février de chaque année, fut fêté le jour de l'Andalousie où l'on commémore la célébration du référendum sur l'initiative du processus d'autonomie de la province en 1980.
Ce statut lui donne un droit à l'autogouvernement et donc à une certaine autonomie par rapport à l'état central, comme 16 autres communautés autonomes.
Ainsi le 28 février de multiples manifestations, avec souvent des dégustations gastronomiques gratuites, sont organisées dans toute l'Andalousie. A Monda, depuis une dizaine d'années maintenant, c'est une paella géante qui est préparée et offerte gratuitement sur la place du village.

J'ai assisté à une partie de l'élaboration de la dite paella qui se prépare devant tout le monde et constitue en elle-même une attraction.
Je suis arrivé au moment où on ajoutait la sauce tomate : des dizaines de conserves de sauces tomate sont ajoutée à la préparation déjà constituée semble t'il de viande et de crevettes.



Ensuite ce fut le tour du riz rond, préalablement laissé dans de grandes cuvettes en attendant d'être ajouté au plat :

Les poivrons (en boites toujours) :
Et beaucoup d'eau !

Touiller, touiller, tout en laissant mijoter... et voilà le résultat !

La paella est prévue pour 1000 personnes environ : belle performance !
Je fais alors la queue pour avoir ma ration, puis je demande en passant à un monsieur à l'air sympathique :
"Como esta la paella ? Buena ?"
"Esta comestible", me répond-t'il avec un petit sourire. J'apprends que le monsieur vient de Séville, il peut se permettre de donner son avis objectif sur la question, une autre personne du village cette fois me dira peu après que pour elle "la paella esta muy buena"...

Il est vrai qu'avec uniquement des conserves et des produits surgelés, il ne faut pas s'attendre à une paella pour fins gastronomes ! C'est déjà bien qu'ils réussissent à en préparer une qui soit mangeable pour 1000 personnes .

Et voici ma portion de paella (avec une miche de pain et du citron) :
C'est vrai que c'est mangeable, mais sans plus. Cela ne m'a pas empêché malgré tout de faire un deusième passage pour avoir une deuxième ration de paella. Je trie et je ne mange pas les morceaux de viande bien sûr !

Pendant ce temps la fête bat son plein sur la "plaza de la constitucion", avec un concert de musique latine qui va durer toute la journée jusqu'à 21 h environ. Il y a bien entre 500 et 1000 personnes présentes, parlant, riant, dansant, mangeant et surtout buvant de la cerveza, du "tinto de verano" (vin rouge mélangé avec de la limonade et des glaçons, bonne alternative rafraichissante et sucrée à la sempiternelle "cana") et quelques autres alcools forts !



La buvette
Journée intéressante par son côté festif et typique, mais trop de monde à mon goût ; et assez difficile pour moi d'en profiter pleinement étant donné ma non connaissance des gens du village et ma difficulté à tenir une conversation en espagnol.

dimanche 1 mars 2015

Inspiration sur un sachet de sucre en poudre...

Et oui, lorsque je suis en panne d'inspiration, ou en perte de sens, où est-ce que je trouve l'inspiration parfois ?
Dans un sachet de sucre en poudre...

Sur ces sachets on peut trouver régulièrement des citations ou proverbes, souvent d'auteurs espagnols, qui peuvent être sources d'inspiration.

Par exemple :
"Les gens attendent toute la semaine le vendredi, toute l'année l'été, et toute la vie le bonheur...
Et ils oublient de vivre aujourd'hui."
"Travaille comme si tu n'avais pas besoin d'argent, aime comme si rien ne t'avait blessé et danse comme si personne ne te regardait."
Et le meilleur pour aujourd'hui :
"Il est moins mauvais de s'agiter dans le doûte que de se reposer dans l'erreur."
Alessandro Manzoni (poète et dramaturge italien)

vendredi 27 février 2015

D'où viennent nos fruits et légumes ? Le chirimoya

Connaissez-vous le chirimoya ?

Déjà en français on dit "anone". Ensuite l'anone est assez difficile à trouver en France : je n'en ai jamais trouvé dans les supermarchés, uniquement chez certains marchands de fruits et légumes, souvent spécialisés en fruits exotiques.

C'est donc à Asnières en région parisinne que j'ai découvert ce fruit un peu par hasard et que je suis devenu un "chirimoya addict".

C'est un fruit parfumé, à la chair blanche, dont l'odeur et le goût rappellent un peu ceux de la poire, mais en plus crémeux. Quand on le trouve en France, mais aussi en Espagne, il est généralement bien vert et très dur. Il faudra alors attendre quelques jours afin qu'il murisse : il deviendra alors plus mou à la pression, et aura de nombreuses tâches noires sur la peau. Pour le déguster, il suffit alors de la découper en deux et de le manger à la petite cuillère, en se débarrassant au passage des nombreux petits pépins qui ressemblent à de petits cailloux noirs qu'il contient.


Malheureusement parfois quand on le trouve en France, l'anone prend une mauvaise tournure en murissant : cela est dû aux conditions de conservation de ce fruit délicat qui ne supporte pas très bien les "coups de froid".
La période où il est possible d'en trouver en France est pendant l'hiver.

En Espagne le chirimoya est cultivé  dans certaines régions d'Andalousie, celles qui ont la particularité de bénéficier d'un climat de type sub-tropical. Dans "le petit coin de paradis" chez Paquita, sa vallée au micro-climat de type sub-tropical sec près du village d'Allozaina, on pouvait en trouver plusieurs qui côtoyaient les avocatiers, mais ils avaient besoin d'être arrosés. Et il se trouve que c'était justement la pleine saison des chirimoyas dans la vallée de Paquita, j'en ai donc dégusté plusieurs pendant la semaine où je suis resté.
Que  ce soit à Allozaina ou à Monda, nous ne sommes plus très loin de la costa tropical, zone littorale d'une centaine de kilomètres appartenant à la province de Grenade, bénéficiant d'un microclimat particulier, avec plus de 300 jours d'ensoleillement par an et une température moyenne de 20°C, rendant les lieux propices à la culture de fruits tropicaux.
Lors de mon prochain wwoofing début mars près de la ville de Torrox je serai encore plus proche de ctte région.
Sur l'arbre
Le chirimoyo, le nom espagnol de l'arbre à chirimoyas
Des chirimoyas de toutes tailles et de tous degrés de maturité

jeudi 26 février 2015

D'où viennent nos fruits et légumes ? Le figuier de Barbarie et le figuier commun

Une série d'articles pour présenter les arbres ou plantes qui produisent les fruits et légumes que nous trouvons régulièrement dans nos assiettes mais dont les citadins que nous sommes ne savons généralement rien ou très peu.

La figue de Barbarie
Aussi appelée poire cactus, elle provient du figuier de Barbarie, originaire du Mexique, elle n'a donc rien à voir avec la figue classique du figuier.
Moi par exemple, j'adore les figues, mais en revanche je n'aime pas du tout les figues dites de Barbarie : ça pique, il y a pleins de petits noyaux à l'intérieur, bref pour moi il ne s'agit vraiment pas du même fruit !

Christina et moi nous sommes doc posé la question de savoir pourquoi le figuier de Barbarie est appellé "figuier" en français...

En espagnol, figuier se dit "higuera" et figuier de Barbarie "chumbera", donc rien à voir.
En anglais, la figue de Barbarie est appellée "prickly pear" -poire piquante- et la figue "fig". Les anglo-saxons comparent donc davantage la figue de Barbarie à une poire du genre piquante qu'à une figue, et cela semble plutôt plus logique qu'en français.

Des recherches faites sur internet semblent indiquer que ce nom trouve son origine au Moyen-Âge en référence aux côtes du Maghreb, où le fruit s'y est particulièrement bien implanté. Paradoxalement, en Afrique du Nord on l'appelle "karmouss nssara" ou figue des Chrétiens !

Ici un figuier de Barbarie dans la ferme de Christina

Et toujours dans la ferme de Christina, un véritable figuier celui-là, ce n'a vraiment rien à voir ! Noter les multiples branches qui tombent puis remontent du figuier. Pour le moment, ce n'est pas la saison, il n'y a même pas encore de fleurs...


Les branches descendent puis remontent à leur extrémité tout autour du figuier

mercredi 25 février 2015

Carnaval !

Ce samedi 28 février, c'était carnaval à Monda. C'est en effet la période des carnavals en Espagne à cette époque de l'année (en février), le plus célèbre d'entre tous étant celui de Cadix.
Les actualités nationales espagnoles n'arrêtent pas d'en parler.
D'une façon générale, j'ai l'impression qu'il y a beaucoup plus de fêtes en Espagne qu'en France. Bientôt ce sera la fête de la constitution en Andalousie...


Défilé du carnaval dans les rues de Monda l'après-midi



 


Le soir sur la place de la constitution
Des mini-spectacles de chants comiques se succèdent